Si les permis de construire progressent légèrement en septembre 2026, les mises en chantier décrochent, particulièrement dans le logement collectif. Alors que les chiffres du ministère confirment la fragilité de la reprise, les professionnels pressent le gouvernement d’agir dans le cadre du budget 2027.
Construction de logements neufs : le collectif décroche de 20 % en septembre
Le rebond aura été de courte durée. Selon les données du ministère de la Ville et du Logement, publiées le 28 octobre 2026, les mises en chantier ont reculé de 9,7 % en septembre, à 28 682 logements, par rapport au mois précédent. Mais cette baisse globale masque des évolutions contrastées entre collectif et individuel.
Dans le logement collectif ordinaire, les ouvertures de chantiers ont chuté de 20,4 % en un mois, à 13 933 logements. Au total, le collectif, résidences comprises, recule de 11 %. Dans l’individuel, la baisse atteint 7,2 %.
Pour Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers, FPI, cette dégradation dans le collectif n’a rien de surprenant : « Cette chute corrobore les chiffres de l’Observatoire de la FPI : ces derniers trimestres, environ une opération sur cinq a été retirée de la vente, suspendue ou abandonnée», faute d'un nombre d'acheteurs suffisants.
Les autorisations de construire affichent, elles, une légère hausse de 1,2 %, à 31 428 logements. Le collectif progresse de 5,3 %, alors que l’individuel recule de 5,5 %.
Construction : un retard qui reste important sur un an
Sur les douze mois écoulés, 377 834 logements ont été autorisés, soit 9,1 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Les mises en chantier atteignent 318 419 logements, en retrait de 5,1 % par rapport à cette référence.
Le déficit reste particulièrement marqué dans l’individuel, avec des autorisations inférieures de 14,3 % à leur moyenne quinquennale et des mises en chantier en recul de 17,5 %. Le collectif résiste mieux : ses mises en chantier dépassent de 3,3 % la moyenne des cinq dernières années, malgré la chute observée en septembre et sans rattraper le retard cumulé.
D'où la réaction de Pascal Boulanger de la FPI, ces chiffres dégradés confirment les difficultés du secteur. « Sans un signal politique fort pour restaurer la confiance des ménages et relancer l’investissement, la crise du logement collectif se prolongera, au détriment de notre capacité à répondre aux besoins des Français. »
Budget 2027 : les professionnels du logement mettent la pression
Au-delà des chiffres, les acteurs du secteur attendent des décisions concrètes. Réunie au sein de l’Alliance pour le logement, une coalition qui rassemble notamment la Fédération française du bâtiment, FFB, la FPI ou encore l’Union sociale pour l’habitat, USH…, la filière a adressé une lettre ouverte au gouvernement et aux parlementaires, en pleine discussion budgétaire.
Le message est clair : le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement et le projet de loi de finances, PLF pour 2027 doivent avancer de concert. « De nombreux projets de construction, de réhabilitation et, plus globalement, de transformation de la ville sont suspendus à la visibilité qu’offriront » ces deux textes, soulignent les signataires.
Parmi leurs priorités figure une amélioration du statut du bailleur privé, dit dispositif Jeanbrun, afin de stimuler l’investissement locatif dans le neuf comme dans l’ancien. Les professionnels demandent également la sécurisation du financement du logement social, la prolongation du prêt à taux zéro, PTZ en 2027, son ouverture à la revente en bail réel solidaire, BRS et le maintien du soutien à la rénovation énergétique.
L’Alliance réclame par ailleurs le retrait du gel des APL, les aides personnalisées au logement, qui toucherait plus de cinq millions de ménages selon son courrier.
Alors que l’examen du budget 2027 se poursuit à l’Assemblée nationale, les professionnels attendent des arbitrages à la hauteur de la crise. Entre relance de l’investissement, soutien aux entreprises et accès au logement, les décisions budgétaires seront, d’après ces acteurs, déterminantes pour transformer les intentions politiques en logements effectivement construits.






