Les investisseurs institutionnels continuent de miser sur le logement. Selon les derniers indicateurs ImmoStat, le montant des investissements résidentiels en France atteint 3,1 milliards d’euros à fin septembre 2026, soit une hausse de 14 % sur un an. Un résultat qui témoigne de l’intérêt persistant des grands acteurs pour cette classe d’actifs, malgré un environnement économique incertain et des taux d’intérêt qui pèsent sur les décisions d’achat.
L’investissement résidentiel résiste malgré les turbulences
Attention toutefois à ne pas interpréter ce chiffre sans nuance. La progression annuelle est largement portée par une opération exceptionnelle d’un milliard d’euros liée à la cession d’un portefeuille de l’Agence des participations de l’État à la Caisse des dépôts. Hors cette transaction, le marché affiche un recul de 23 % sur un an, selon BNP Paribas Real Estate.
Le troisième trimestre confirme ce ralentissement conjoncturel, avec 647 millions d’euros investis, contre 652 millions un an auparavant. Pour autant, les capitaux ne désertent pas le résidentiel : ils se concentrent davantage sur les actifs jugés les plus pertinents. Le logement reste donc dans le radar des grands investisseurs. « Un marché plus exigeant mais qui conserve toute sa profondeur et son attractivité », souligne Jean-François Morineau, directeur général adjoint de BNP Paribas Real Estate Advisory France, en charge du pôle Résidentiel & Hospitality.
Logements classiques, résidences étudiantes : où va l’argent ?
Le logement classique et intermédiaire totalise 2,4 milliards d’euros investis depuis le début de l’année, en progression de 55 % sur un an. Mais là encore, le poids de l’opération exceptionnelle doit être pris en compte : hors cette transaction, les investissements dans le résidentiel strict atteignent un peu plus de 1,4 milliard d’euros, en baisse de 10 %.
Du côté du résidentiel géré, qui comprend notamment les résidences étudiantes et le coliving, les volumes cumulés reculent de 43 %, à 665 millions d’euros. Pourtant, certains segments tirent leur épingle du jeu. Les résidences étudiantes concentrent près de 509 millions d’euros, soit 76 % des investissements dans le résidentiel géré. Le coliving enregistre, lui, 120 millions d’euros sur neuf mois.
Autre tendance notable : la transformation de bureaux en logements. A Issy-les-Moulineaux et Boulogne-Billancourt, des acquisitions destinées à créer plus de 300 logements étudiants illustrent cette stratégie de reconversion.
L’Ile-de-France concentre par ailleurs 87 % des investissements du troisième trimestre, avec 560 millions d’euros engagés. Un chiffre qui confirme le poids des marchés établis dans les choix des investisseurs.
Investir dans le neuf : les particuliers peuvent-ils suivre ?
L’intérêt des institutionnels pour le résidentiel ne garantit pas la rentabilité d’un achat individuel. Il rappelle néanmoins l’importance du logement dans les stratégies patrimoniales. Pour les particuliers, l’enjeu est de s’en inspirer sans chercher à les imiter : emplacement, demande locative, prix d’achat et rendement net restent déterminants. Dans l’immobilier neuf, une rigoureuse sélection du programme et une simulation financière réaliste sont essentielles avant de se lancer.






