Emprunter à moins de 3,5 % devient progressivement plus difficile. En novembre 2026, les banques continuent de relever leurs barèmes, et le seuil des 4 % se rapproche pour une grande partie des candidats à l'achat. Selon les derniers relevés d'Empruntis au 26 octobre, les taux moyens s'établissent à 3,73 % sur 10 ans, 3,93 % sur 20 ans et 3,99 % sur 25 ans. La barre des 4 % est donc quasiment atteinte sur les durées les plus longues.
Chez Vousfinancer, les augmentations enregistrées en novembre vont de 0,10 à 0,40 point selon les établissements. Certaines banques affichent désormais des taux supérieurs à 4 % sur 20 ans, avec des propositions comprises entre 3,60 % et 4,50 % selon les profils.
Faut-il pour autant repousser son projet immobilier ? Pas nécessairement. Les taux ne constituent qu'une partie de l'équation : le prix du logement, l'apport personnel, la durée du crédit et la capacité de remboursement restent tout aussi déterminants. Un achat réalisé au bon prix avec un financement adapté peut rester pertinent, même avec un taux supérieur à 3,5 %.
Comment limiter le coût de son crédit immobilier à 4 % ?
Face à cette remontée, les candidats à l'accession ont tout intérêt à soigner leur dossier et à mettre les banques en concurrence. Les écarts entre établissements se creusent et les meilleurs profils peuvent encore obtenir des conditions plus avantageuses.
« Les écarts entre les banques et les profils s’accroissent, renforçant l’intérêt de passer par un courtier pour obtenir son crédit dans les meilleures conditions en bénéficiant notamment des prêts à taux bonifiés toujours en vigueur », précise Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.
Autre piste : ne pas se focaliser uniquement sur le taux nominal. Le coût de l'assurance emprunteur, les frais de dossier et les éventuels prêts complémentaires peuvent modifier sensiblement le coût global du financement. Les primo-accédants doivent notamment vérifier leur éligibilité au prêt à taux zéro, PTZ ou aux dispositifs de prêts bonifiés proposés par certains établissements.
Attendre 2027 pour emprunter ? Un pari incertain pour les acheteurs
L'espoir d'une accalmie existe, mais rien ne garantit une baisse prochaine des taux. Le rendement de l'OAT à 10 ans, qui influence les conditions de refinancement des banques, a atteint 5 % le 21 octobre, contre 3,60 % en juin. Les tensions sur la dette française, dans un contexte d'incertitude autour du budget 2027, pèsent sur les conditions de financement. Le regain d'inflation, à 3,8 % en septembre dans la zone euro, entretient également les inquiétudes.
La BCE a maintenu ses taux directeurs inchangés le 29 octobre, mais cette décision ne suffit pas à inverser la tendance. A voir si un accord budgétaire crédible pourrait toutefois contribuer à rassurer les marchés et à freiner la progression des taux obligataires.
Pour Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer, les hausses successives commencent déjà à peser sur le marché : « Depuis le mois d’août, les hausses de taux s’enchaînent mois après mois. Même si elles restent progressives, au total depuis cet été, l’augmentation atteint plus de 0,5 point dans certaines banques et même 0,7 point dans l’une d’entre elles. »
Un dernier élément incite à ne pas trop tarder pour les ménages prêts à acheter : les taux d'usure resteront inchangés jusqu'à la fin de l'année. Si les taux bancaires continuent de grimper, certains dossiers pourraient devenir plus difficiles à faire passer, malgré une situation financière solide.
L'enjeu pour les acheteurs n'est donc pas nécessairement d'attendre le retour de taux plus bas, mais de vérifier dès maintenant si leur projet reste finançable dans les conditions actuelles. D’autant qu’un crédit peut aussi être renégocié ou faire l'objet d'un rachat ultérieur si les conditions de marché redeviennent plus favorables à l’avenir.






